Et si la meilleure façon de raisonner notre enfant était de l’écouter...
Quand nos enfants nous font part de leurs sentiments négatifs :
« Je
n’ai pas envie d’aller à l’école !», « Je n’aime pas mon frère, je veux
qu’il disparaisse. », « De toutes façons vous ne m’aimez pas », ou de
ses problèmes : « J’ai encore été puni par la maitresse … »), on trouve
parfois leurs états d’âmes infondés, exagérés, ou même inacceptables. On a alors tendance à vouloir les raisonner : « Mais
si c’est super l’école, ta maitresse est hyper gentille ! », « Ne dis
pas cela ! On est obligé d’aimer son frère. », « Mais bien sûr que l’on
t’aime ! ». On a même parfois tendance à les juger : « Qu’est-ce que tu
as encore fait pour être puni ?!».
En réagissant ainsi, on risque de les inciter à ne plus exprimer leurs sentiments.
Mais ils ne disparaissent pas pour autant, ils sont simplement enfouis (voir l’article : Comment raisonner un enfant en plein 'caprice' ?).
Si mon enfant est venu spontanément me voir pour me confier ses
problèmes (« Je me suis fait taper ou punir à l’école»), et que je le
juge (« Mais qu’est-ce que tu leurs as encore fait ? »), il n’aura plus envie de s’ouvrir à moi. Notre relation de confiance risque de se dégrader.
Plutôt
que de les juger, ou de chercher à les raisonner, aidons-les à
surmonter leurs peurs, leurs difficultés, leur colère, en les
é-c-o-u-t-a-n-t.
C’est ce qu’on appelle l’ « écoute active ».
Cette méthode est utilisée par bon nombre de coachs et psychologues. Elle consiste tout simplement à écouter l’autre, et à reformuler ce qu’il ressent.
Cela va lui permettre de mieux prendre conscience de ses sentiments, de
comprendre les raisons de cette émotion, pour ensuite trouver par
lui-même des solutions à mettre en pratique. La plupart du temps, c’est
très simple à appliquer ; il faut juste y penser !
Voici par exemple l’effet produit par l’écoute active le jour où notre fille nous a dit : « Je ne veux pas aller à l’école ! »
Au
lieu de chercher à la raisonner en mode « Mais si, c’est super
l’école ! », j’optais pour l’empathie (c’est-à-dire « l’écoute
active ») :
- « Ah bon, tu n’aimes pas l’école ? »
- « Non, je n’aime pas l’école » (Si elle avait été plus
grande, elle aurait probablement été plus précise. Pour les petits,
posons quelques questions pour qu’ils donnent plus de détails)
- « Tu n’aimes pas la maitresse ? Tu n’aimes pas les activités ? »
- « Non, c’est la sieste que je n’aime pas »,
- « Tu n’aimes pas faire la sieste à l’école. » (C’est aussi
simple que cela, il suffit de reformuler l’émotion de
l’enfant, mais sans le juger :-))
- « Oui, parce que la dame qui surveille fait trop de bruit pendant la sieste, elle nous dit « Chut » très fort.
- « Tu n’aimes pas que la dame fasse « Chut » trop fort. Ça
t’empêche de dormir ? Ou peut-être que ça te fait peur ? Ou tu n’aimes
pas être obligée de dormir ? » (Je l’invite à préciser ce qu’elle
ressent, plutôt que de lui dire « C’est pas grave !»)
- « Oui, elle me fait peur … »
- « Qu’est-ce que tu pourrais faire ? Te boucher les
oreilles ? Demander à changer de place ? Lui en parler ? Prendre sur
toi ? » (Les enfants plus âgés seront davantage à même de trouver des
solutions par eux-mêmes. Pour les petits, essayons d’en proposer plusieurs, afin qu’ils retiennent celle qui leur correspond le mieux).
Deux
jours plus tard, ellerechignait moins à aller à la sieste. Je lui
demandais pourquoi ça allait mieux. Elle me répondit que depuis qu’elle
avait dit à la dame que ces bruyants « chut » lui faisaient peur, elle
ne le faisait plus. Gagné !
Vous
remarquerez quelque chose de très important : Joy n’a pas manqué de
respect en disant à la surveillante que ce n’était pas bien de dire
« chut » trop fort, ou en lui demandant d’arrêter de le dire. Non. Car
elle a pris conscience, lors de notre conversation, de ce qu’elle
ressentait et elle s’est adressé à la
dame en exprimant son ressenti : « Ça me fait peur quand tu dis «chut ».
Une belle façon de communiquer avec les autres, que l’on enseigne ainsi
à nos enfants.
Nous
avons procédé de la même façon lorsque notre fille nous a dit ne pas
aimer la cour de récréation. Suite à notre échange, et aux suggestions
de solutions que nous lui avons faites, nous n’avons plus entendu parler
de ses problèmes de récréation. Il semblerait pourtant qu’elle n’ait
appliqué aucune de nos suggestions, mais le simple fait d’en avoir parlé, de s’être sentie écoutée, d’avoir
pris conscience que ce n’était pas la cour de récréation qu’elle
n’aimait pas, mais les grands qui venaient la traiter de bébé l’a aidée à ne plus avoir peur de la récréation en soi, et à tout simplement éviter les grands ou ignorer leurs insultes.
Cette écoute active n’est pas toujours facile à mettre en œuvre. Certains sentiments nous semblent inacceptables
Comme « Je veux jeter mon frère par la fenêtre », ou complétement faux comme « De tout façon vous ne m’aimez pas ».
On
aurait bien envie de les raisonner. Pourtant, si on prend le temps de
les écouter calmement et activement (« Tu n’aimes pas ton frère c‘est
cela ?», « Tu penses que l’on ne t’aime pas ?), ils se sentiront en
confiance, nous en dirons plus sur les raisons de ce désamour, ou de ce
sentiment d’être mal aimé, et seront davantage prêts à rechercher des
solutions, et à écouter nos propositions si celles-ci sont vides de tout
jugement.
Conclusion
Bien
sûr, ce n’est pas magique. Parfois, il faudra parler, parler et encore
parler pour que notre enfant surmonte ses problèmes, et ses peurs. Mais le juger c’est l’enfermer ; l’écouter c’est l’influencer ; et l’inviter à réfléchir, c’est le guider. A nous la relation de confiance dont nous avons toujours rêvé !
Cool Parents Make Happy Kids
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire